Si et seulement si je pouvais persuader une personne avec ce post qu'il ne faut pas avoir peur en avion, j'en serais infiniment heureuse...
J'adore voyager mais ma phobie de l'avion m'a empêché de partir autant que je l'aurais voulu. J'étais à deux doigts d'aller voir un thérapeute ou de me faire prescrire des cachetons ou comme me l'a raconté mon prof de cuisine de me saoûler... j'ai fait un mois entier d'insomnies avant de partir au Caire la première fois... Résultats : j'étais à cran dans l'avion mais pour la première fois depuis longtemps j'ai pu manger et encore mieux me lever. Gros progrès. Avant je ne pouvais pas regarder par le hublot, maintenant, ça me rend presque indifférente le fait d'être enfermée et en hauteur.
Trop c'était trop surtout depuis que ma meilleure amie m'a affirmé avoir aussi développé une psychose et ne plus jamais vouloir prendre l'avion. "Mais on l'a déjà pris ensemble, et ça s'est bien passé" "oui, mais maintenant, je suis phobique et j'irai jusqu'en Suède mais en bagnole" "Ah !".
Première phase de mon auto-analyse, j'avais entendu parler d'un bouquin co-écrit par un pilote d'Air France "Comment ne plus avoir peur en avion", je l'ai aussitôt commandé et lu, relu, re-relu... Chaque phrase a commencé à me convaincre que l'aéronautique est un secteur moult sécurisé. Je ne réécrirai pas le bouquin mais on va dire que les procédures sont très rassurantes.
Ensuite, des phrases ont enfin réussi à se greffer dans ma petite tête : une collègue qui me dit être fataliste en avion (ouais elle a raison de le prendre comme ça car le risque de mourir en avion doit etre de 1 sur 7 millions...), autre phrase très juste "le pilote a envie de rentrer chez lui ce soir...", autre info primordiale bien développée dans le livre, un avion est avant tout un planeur, il peut planer une fois les deux (ou quatre) réacteurs éteints et inrallumables 22 fois sa hauteur... Quand je pense qu'un copain ingé croyait qu'un avion sans réacteur tombait comme une vieille m.... Non mais !
S'il y a un moment que je n'aime pas c'est le décollage mais encore une fois il faut bien que notre oiseau entre dans le ciel. La croisière se passe généralement bien. En allant à oslo je n'ai dû ma survie qu'au fait que je m'imaginais être sur un oiseau géant, accrochée à son plumage. Avec les yeux fermés et beaucoup d'imagination, je finissais par y croire. Par contre vu que j'étais malade c'est C. qui était content en mangeant mon moëlleux au chocolat et mes poissons fumés ;-)
J'ai des trucs en avion : toujours rester attachée, avoir un vêtement chaud (et ça sert d'oreiller) en cas de chute de température de la cabine - ça arrive, boire beaucoup d'eau et me polariser sur quelque chose comme le positionnement GPS par exemple...
Par contre maintenant j'arrive à positiver en prenant l'avion :
1) je pars donc je vais en vacances, ouais !
2) je pars loin et donc je vais me dépayser et peut être même retrouver des amis et généralement je vais au soleil (oui, même à Oslo avec 5°C...)
3) Enfin un moment où je ne glande rien, plus de cours de sport, plus de boulot, plus de ménage, plus de cafards dans ma boite à lettres, plus d'appels sur le portable, plus de pensées pour le quotidien mais par contre je me fais chouchoutée par le crew, thé, petits plateaux bouffes, trucs à regarder sur l'écran et sinon tchatche avec mes voisins s'ils sont sympas. C'est comme ça que j"ai rencontré des gens super cools comme mon Georges qui vit à Toronto, la nièce de celui qui a inventé les bloomers (sorte de pantalon en tweed mais je ne me souviens plus exactement, c'était à la mode naguère), des caméramen qui se rendaient à la CAN... Bref, je suis restée en contact avec quelques uns.
4) Il faut l'avouer le monde est très beau de là-haut. Passer au dessus des Alpes ou au dessus de la Crète, c'est géant.
5) Finalement c'est quand il n'y a pas de turbulences que je suis plutôt inquiète car paradoxalement ce phénomène ne m'a jamais inquiétée. Je suis bizarre non ? Il faut dire que j'avais vécu les montagnes russes il y a environ 10 ans quand j'étais partie aux States. De plus c'était avec la TWA et juste après son très médiatisé crash.
=> J'ai d'ailleurs envie de pousser un gros coup de gueule contre les médias et les réalisateurs de films thriller. N'est ce pas eux qui nous poussent à la phobie en nous montrant des crashs ignobles et en ressassant ça. Pendant l'été dernier, deux ou trois crashs ont été extrèmement médiatisés de sorte que j'ai souvent entendu "L'avion est moins sûr qu'avant". A cela, je réponds que c'est faux. Les chiffres sont stables et auraient plutôt tendance à diminuer. D'ailleurs on est loin des débuts de l'aviation commerciale et de ses hécatombes.
Ne nous laissons pas manipuler par ces images ? Alors qu'il y a un nombre incomparable d'accidents de la route, imaginerait on un film qui décompose un accident de la route ? Ce n'est pas assez vendeur...
Je suis de temps à autre une planespotter, ce qui signifie que j'aime prendre des photos d'avion ou aller les observer au décollage et à l'atterrissage. Si j'ai eu extrémement peur de l'avion ces dernières années, je dois admettre que j'ai toujours adoré les regarder passer dans le ciel, les observer, aller au Bourget...
J'avais d'ailleurs dans ma famille un pilote de la Patrouille de France, fait marquant.
Donc, OUI on peut mourir en avion (comme on peut mourir n'importe où et de n'importe quelle façon) mais quitte à la prendre, autant en PROFITER, profiter de ce moment, c'est ma philosophie.
Les commentaires récents