Oui, j'en étais donc au résumé de mon beau voyage à la Réunion... Pas si simple à résumer car nous avons beaucoup crapahuté, heureusement il restait une semaine de vacances pour nous en remettre. Très lachement, nous avons déserté la Normandie pour le Golfe du Morbihan, espérant (vainement) y trouver des conditions climatiques plus favorables...
Notre périple :
Jour 1 :(hébergement : hôtel La Marianne, Saint Denis de la Réunion) Arrivée à l'aube dans la ville de Saint-Denis de la Réunion. Nous avons beau être en hiver il fait tout de même quasiment 30°C. Très sincérement, on ne se pâme pas devant cette ville qui a très peu de caractère et dont l'un des emblêmes est une mosquée (!!), la plus vieille de France. Le samedi est la journée la plus animée avec son marché de fruits et de légumes. Nous arrivons donc et récupérons de suite notre voiture de loc'. C'est une fiesta qui nous était accordée mais C. insiste lourdement pour avoir une 206, un choix très judicieux tant le relief peut être impressionnant par endroits. Tout de suite nous nous faisons arnaquer : la jauge d'essence n'est pas pleine mais soit disant elle est cassée... Bien sûr, dès notre premier plein, nous constaterons le contraire...
Donc nous arrivons tant bien que mal dans notre hôtel, très très spartiate, déserté et surtout pas nickel du tout. De manière générale, nous n'avons pas eu des hôtels folichons bien que nous ayons payé un prix élevé la réservation de ces derniers par une agence locale... Le top étant notre folle nuit à Saint-Philippe - récit ci-après !
C. et moi trouvons à manger vue l'heure tardive (le temps que nous nous familiarisions et appliquions Insect Ecran, ce produit radical fabriqué pour l'armée américaine, qui permet de ne pas mourir du chikungunya mais d'un cancer de la peau. Notez que ce produit est carrément interdit au Canada...) dans une brasserie Les Trois Brasseurs. Pour l'exotisme on repassera. D'emblée je remarque que les portions servies sont toujours très copieuses dans les restos. D'ailleurs, à mon grand étonnement, on peut se permettre à la Réunion de ne prendre qu'un plat pour deux ou qu'une entrée pour deux. Ca ne choque pas...
C. a repéré une usine sucrière et sa distillerie sur la carte. C'est parti, nous empruntons la fameuse route du littoral et les immenses champs de canne desquels sortent des cachalots (camion les transportant une fois coupées) chargés à bloc. Le ciel s'assombrit et devient presque orageux. Les contrastes de couleur sont saisissants...
Après s'être enfoncés dans une route bosselée et être passé devant un temple tamoul (ils sont très mignons ces temples qu'on croirait sortis de Disneyland, plein de couleur et emplis de spiritualité), la majestueuse sucrerie s'offre à nos regards ravis. Chik oblige, les visites n'affichent pas complet et donc nous pouvons rallier celle de la tombée de la nuit. Un grand moment...
Cette usine s'appelle Bois-Rouge et elle abrite une distillerie. La visite est passionnante mais je conseille impérativement de ne pas emmener de jeunes enfants. En effet les escaliers sont très hauts et très nombreux, le sol est un puzzle de grilles et on longe des fûts en ébullition. Bref, c'est le top. L'odeur de la canne à sucre est tantôt agréable et tantôt écoeurante. En faisant le tour de l'île j'ai aperçu l'autre usine de cannes à sucre, celle du Gol qui a l'air vraiment bien plus moderne. Après cette belle ballade, nous avons décidé de nous restaurer près du Barachois, c'est un endroit chéri par les créoles, un peu comme les Champs Elysées, en bord d'océan indien avec quelques canons plantés là (des trucs de guerre, pas de superbes jeunes femmes !!).
Nota bene : on a eu beau faire 11 heures d'avion, on est bel et bien en France. Il faut que je prenne sur moi pour ne pas dire aux créoles que je rencontre "chez nous, en France" mais un truc dans le genre "à Paris" ou "en métropole". Je découvre assez vite que les réunionnais réputés "cools" sont assez plutôt du genre susceptibles et moi qui manie "l'humour pourrave" habituellement, je dois me restreindre à mort. L'Île n'est pas prête de demander son indépendance car il y règne "l'Etat-Providence", soit ce don du ciel, le RMI. Très peu de réunionnais travaillent, du moins légalement. Par contre, ils ont des bagnoles de folie. 47 Porsche Cayenne sont recensées dans l'Île, les hummers sont banals. Quelques jours après, j'ai l'explication : 1- les banques réunionnaises ont pour consignes et habitudes de prêter aux RMIstes contrairement à la métropole où si elles pouvaient demander 12 ou 13 garants, elles le feraient. C'est ainsi que la plupart des réunionnais se prennent 10 à 20 ans de crédit pour se payer leur voiture. On verra donc de superbes Mercedes garées devant des taudis, 2- Il existe des familles extrémement riches sur l'Île parmi lesquelles les vendeurs de voiture, vous l'aurez deviné.
En bref, si vous avez éduqué vos enfants selon des principes d'épargne pour vivre le moins possible à crédit et mériter ses achats, vous risquez de les immerger dans le temple du mauvais exemple. Bien sûr, il y a aussi une vraie misère sur l'Île et là point de Porsche Cayenne.


Les commentaires récents